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	<title>LUCI - L'Universit&#233; Coop&#233;rative Internationale </title>
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		<title>Comment la pand&#233;mie bouleverse nos interactions sociales</title>
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		<dc:date>2021-02-23T21:41:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gissel Maidana</dc:creator>


		<dc:subject>Coronavirus, Covid-19</dc:subject>
		<dc:subject>Pand&#233;mie </dc:subject>
		<dc:subject>Sociologie</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233; publique</dc:subject>
		<dc:subject>Lien social</dc:subject>
		<dc:subject>Alt&#233;rit&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comment la pand&#233;mie bouleverse nos interactions sociales &lt;br class='autobr' /&gt; city. Pixabay &lt;br class='autobr' /&gt;
Laurence Kaufmann, Universit&#233; de Lausanne &lt;br class='autobr' /&gt;
A quelle distance se tenir avec les passants, les voisins, la famille, les amis, les coll&#232;gues ? Voil&#224; des questions que nous n'avions pas besoin de nous poser avant l'irruption de la pand&#233;mie dans nos vie. &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles interrogations mettent en &#233;vidence un principe qui ordonnait implicitement, avant la pand&#233;mie, nos d&#233;ambulations dans l'espace public. Ce principe, c'est la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://luci.univ-paris8.fr/-prevention-du-covid-19-" rel="directory"&gt;Pr&#233;vention du Covid 19&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://luci.univ-paris8.fr/+-prevention-sante-+" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention sant&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://luci.univ-paris8.fr/local/cache-vignettes/L150xH113/arton252-46ad2.png?1777733422' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h1 class=&#034;legacy&#034;&gt;Comment la pand&#233;mie bouleverse nos interactions sociales&lt;/h1&gt;&lt;figure&gt;&lt;img alt=&#034;&#034; src=&#034;https://images.theconversation.com/files/379708/original/file-20210120-17-1gavb8s.jpg?ixlib=rb-1.1.0&amp;rect=2%2C5%2C1914%2C1270&amp;q=45&amp;auto=format&amp;w=754&amp;fit=clip&#034; style='max-width: 500px;max-width: min(100%,500px); max-height: 10000px' /&gt;
&lt;figcaption&gt;city. &lt;span class=&#034;attribution&#034;&gt;&lt;a class=&#034;source&#034; href='https://pixabay.com/fr/photos/ville-porte-le-vieux-shanghai-5153288/'&gt;Pixabay&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;&lt;/figcaption&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/profiles/laurence-kaufmann-868049&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurence Kaufmann&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/institutions/universite-de-lausanne-1587&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Universit&#233; de Lausanne&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A quelle distance se tenir avec les passants, les voisins, la famille, les amis, les coll&#232;gues ? Voil&#224; des questions que nous n'avions pas besoin de nous poser avant l'irruption de la pand&#233;mie dans nos vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles interrogations mettent en &#233;vidence un principe qui ordonnait implicitement, avant la pand&#233;mie, nos d&#233;ambulations dans l'espace public. Ce principe, c'est la confiance dans les routines qui r&#233;gissent les rencontres publiques ainsi que dans les comp&#233;tences d'autrui &#224; r&#233;agir de mani&#232;re rationnelle et pr&#233;visible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais &#224; l'avance que je peux m'approcher de mon voisin pour lui parler, m'adresser &#224; un passant pour lui demander mon chemin, entrer dans un magasin sans &#234;tre oblig&#233;e d'y acheter quoi que ce soit, parler du temps qu'il fait &#224; la boulang&#232;re ou rejoindre le rassemblement qu'un groupe de musiciens a form&#233; au coin de la rue. Or, en r&#233;gime &#233;pid&#233;mique, cet ordre routinier de l'interaction a fait place &#224; un d&#233;sordre interactionnel que les directives de &#171; l'&#233;loignement social &#187; ne peuvent gu&#232;re apaiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Priv&#233;s des appuis conventionnels qui insufflaient de la &#171; reposit&#233; &#187; dans nos interactions, &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/dictionnaire-de-la-fatigue--9782600047135-page-723.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme le dirait l'anthropologue Albert Piette&lt;/a&gt;, nous sommes confront&#233;s &#224; l'inqui&#233;tude. Comment dois-je agir ? Comment garder &#171; la bonne distance &#187; dans des ruelles &#233;troites ? Quelle est cette personne en face de moi ? Un semblable ou un porteur de malheur ? Cette enqu&#234;te incessante produit un sentiment d'ins&#233;curit&#233; diffuse, mais aussi un trouble dans notre rapport &#224; autrui que les sociologues de l'interaction, en particulier Erving Goffman, peuvent nous aider &#224; penser.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Codes sociaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour g&#233;rer leurs &#171; relations en public &#187;, les &#234;tres humains disposent en effet de ce que Goffman appelle &#171; l'ordre de l'interaction &#187; : un certain nombre de codes sociaux qui d&#233;terminent la fa&#231;on dont nous sommes cens&#233;s agir et nous permettent d'anticiper les r&#233;ponses appropri&#233;es &#224; la situation &#8211; de la consultation m&#233;dicale &#224; la commande d'un caf&#233; dans un restaurant en passant par les conversations entre parents sur une aire de jeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ordre de l'interaction n'est pas seulement un moyen pratique de r&#233;duire l'ind&#233;termination de nos rencontres, notamment avec des inconnus, et de calmer l'anxi&#233;t&#233; qui l'accompagne. Pour Goffman, les espaces publics anonymes de circulation g&#233;n&#233;ralis&#233;e, tels les parcs, les magasins et les caf&#233;s, en principe accessibles &#224; tous, impliquent une morale minimale de la copr&#233;sence : celle de la civilit&#233; ordinaire du passant, faite de tol&#233;rance nonchalante et d'&#233;vitement mutuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette morale n'est &#233;crite nulle part, mais comprise de tous, sauf des jeunes enfants qui s'y ajustent p&#233;niblement. Elle repose en particulier sur ce que Goffman appelle &#171; l'inattention civile &#187; : en tant que passant, je dois noter la pr&#233;sence d'autrui tout en &#233;vitant de le scruter avec insistance ou de lui montrer, par un regard fixe, qu'il est l'objet de ma curiosit&#233;. Dans l'univers de copr&#233;sence oblig&#233;e que constituent les lieux publics urbains, cette morale minimale et minimaliste pr&#233;serve l'individu du regard intrusif et de l'emprise &#233;motionnelle d'autrui. Elle permet &#224; tout un chacun de prot&#233;ger son &#171; territoire personnel &#187; tout en se coordonnant dans les activit&#233;s ordinaires qui animent l'espace public, tel se croiser sur un trottoir sans heurter les autres pi&#233;tons, tenir la porte d'entr&#233;e aux inconnus au restaurant ou saluer la caissi&#232;re avec un sourire poli. La r&#233;gulation de cet &#233;trange alliage de proximit&#233; physique et de distance affective rend psychologiquement supportable la promiscuit&#233; forc&#233;e des espaces urbains.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'&#233;tranger comme un &#171; semblable &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les transactions &#233;conomiques comme dans les espaces publics urbains, les principes abstraits comme celui de l'indiff&#233;rence civile et de l'indiff&#233;renciation cat&#233;gorielle d&#233;samorcent l'&#233;tranget&#233; du dis-semblable. Car ce n'est pas aux individus de d&#233;cider comment se comporter les uns avec les autres : les normes impersonnelles les lib&#232;rent du travail &#233;puisant que constituerait le d&#233;cryptage &#171; &#224; flux tendu &#187; des signes interactionnels, largement opaques, des &#171; &#233;trangers &#187;. L'occupant m&#234;me temporaire des espaces publics urbains apprend ainsi &#224; agir de mani&#232;re concert&#233;e avec ses semblables &#8211; des semblables qui ne sont pas pour autant identiques. Au contraire, les conventions sociales rendent possible la coexistence entre des &#234;tres diff&#233;rents du point de vue de leur parcours biographique, de l'&#226;ge, de la classe sociale, de l'appartenance religieuse ou de l'origine &#171; ethnique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car l'espace public urbain n'est ni un espace d'appartenance ni un lieu de r&#233;sidence ; c'est l'univers des itin&#233;rants, un univers de mouvement, de d&#233;placement, de dispersion, de passage et de rassemblement. Bref, c'est un lieu d'apesanteur sociale : le citadin est saisi sous une g&#233;n&#233;ralit&#233; ind&#233;finiment inclusive, celle du passant qui a &#171; le droit de visite &#187; dans un espace marqu&#233;, en principe, par une forme universelle d'hospitalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, cette hospitalit&#233; illimit&#233;e est une fiction. La m&#233;taphore de la &#171; circulation &#187; doit &#234;tre prise au pied de la lettre : les espaces publics sont de fait ordonn&#233;s par des s&#233;gr&#233;gations spatiales, des impasses sociales, des sens interdits, des agents de la force publique et des dispositifs de rejet ou d'exclusion, tels les dispositifs &#171; anti-SDF &#187;. Mais, m&#234;me malmen&#233; dans les faits, distordu par les in&#233;galit&#233;s et les tentatives de privatisation, l'id&#233;al de l'hospitalit&#233; et de l'acc&#232;s tous azimuts &#224; l'espace public a de vrais effets : il dessine l'horizon d'un lieu commun qui donne droit &#224; quiconque, ind&#233;pendamment de son statut social et de son &#226;ge, &#224; faire acte de pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Au risque du &#171; d&#233;facement &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Avec la pand&#233;mie, ce lieu commun est menac&#233;. Il est bien entendu menac&#233; par le confinement, le couvre-feu, ou la fermeture des lieux culturels, qui n'autorisent que les conduites publiques n&#233;cessaires &#224; la satisfaction des besoins biologiques, que ce soit l'achat de la nourriture, la promenade du chien ou la course. Mais il est surtout menac&#233; par les injonctions sanitaires, aussi justifi&#233;es soient-elles, qui nous obligent &#224; voir autrui comme soi-m&#234;me au prisme de la biologie &#8211; nous contraignant ainsi &#224; raviver les enjeux &#233;thologiques que la &#171; sc&#233;narisation sociale &#187; des rencontres &#233;tait parvenue &#224; apaiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie nous d&#233;pouille de notre &#171; face &#187; ou de notre masque social pour nous imposer des masques sanitaires qui nous rappellent &#224; l'ordre biologique : nous sommes d'abord et avant tout des corps, vuln&#233;rables dans leur constitution et potentiellement mena&#231;ants pour autrui. En r&#233;gime &#233;pid&#233;mique, le corps des autres doit &#234;tre ressaisi en termes biologiques, ceux de la contagion, de la contamination, de la d&#233;sinfection, de la protection et de la purification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel cadre &#171; biologisant &#187; est particuli&#232;rement difficile &#224; adopter envers les proches. Alors que la peur nous conduit spontan&#233;ment &#224; nous r&#233;fugier dans nos cercles de sociabilit&#233; et dans nos contacts de proximit&#233;, ces derniers doivent &#234;tre litt&#233;ralement d&#233;sactiv&#233;s, tout au moins physiquement, pour sa propre survie, mais aussi au nom d'un bien plus &#233;lev&#233; et plus abstrait : la survie de l'ensemble de la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appr&#233;hension d'autrui comme un corps biologique, inqui&#233;tant par sa pr&#233;sence m&#234;me, pourrait bien &#234;tre, en revanche (trop) ais&#233;ment mobilisable &#224; l'&#233;gard des inconnus, per&#231;us comme des menaces sanitaires sinon des agresseurs potentiels. Priv&#233;s des rituels d'interaction qui indiquaient, dans la vie ordinaire, la mani&#232;re de se comporter avec les &#233;trangers, les dangers de l'anonymat, voire la &#171; l&#233;g&#232;re aversion &#187; pour autrui, qui sous-tendent la vie urbaine sont susceptibles de rejaillir &#224; tout instant. Les moindres indices de mal-&#234;tre physique, grattements de gorge, toux ou p&#226;leurs, deviennent les signes d'une r&#233;alit&#233; cach&#233;e, sourde et dangereuse, qui peut d&#233;clencher un v&#233;ritable processus de &#171; d&#233;facement &#187;. Or, arracher &#224; autrui sa face sociale pour le r&#233;duire &#224; un corps biologique n'est pas sans cons&#233;quence : le visage d'autrui &#233;tant la source privil&#233;gi&#233;e de nos r&#233;actions d'empathie, le &#171; d&#233;facer &#187; peut &#234;tre synonyme de c&#233;cit&#233; &#233;motionnelle et de torpeur morale.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Une &#233;preuve cat&#233;gorielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Au prisme de la pand&#233;mie, faire acte de pr&#233;sence dans l'espace public a perdu toute innocence. L'auto-isolement est devenu un devoir civique tandis que les comportements publics d'affiliation, le fr&#244;lement des corps, les poign&#233;es de main, sont devenus un signe de d&#233;liquescence morale, d'insubordination ill&#233;gale ou, tout simplement, de stupidit&#233; et d'ignorance. La pr&#233;sence dans les lieux publics est un acte de transgression morale, une mise en danger d'autrui ou une folie sanitaire, transformant &#171; l'inattention civile &#187; &#224; laquelle les passants avaient droit en attention incivile. &#171; Que faites-vous dans la rue ? On est enferm&#233; &#224; cause de vous &#187;, dit-on aux personnes &#226;g&#233;es qui s'aventurent dans la rue, dans les p&#233;riodes de confinement. &#171; Rentrez chez vous, vous n'avez rien &#224; faire ici ! Vous mettez nos vies en danger &#187;, dit-on aux enfants qui courent dans les parcs. &#171; Ne vous rassemblez pas, bande d'&#233;go&#239;stes ! &#187; dit-on aux adolescents en manque de sociabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; que les cat&#233;gories sociales particuli&#232;res, telles l'&#226;ge ou l'ob&#233;sit&#233;, deviennent saillantes et envahissent la place publique, &#233;br&#233;chant l'apesanteur cat&#233;gorielle du &#171; passant &#187; anonyme. L'&#226;ge, en particulier, est devenu une cat&#233;gorie sociale omnipr&#233;sente : la &#171; vieillesse &#187;, synonyme de vuln&#233;rabilit&#233; et de risque de mortalit&#233;, contraste avec la &#171; jeunesse &#187;, que le label redoutable de &#171; porteur sain &#187; place dans la position inconfortable de danger public. La pand&#233;mie transforme ainsi l'interaction en une v&#233;ritable &#233;preuve cat&#233;gorielle : nous sommes livr&#233;s pieds et poings li&#233;s, vuln&#233;rables et &#224; fleur de peau, aux ressaisies cat&#233;gorielles et aux r&#233;actions incertaines que nous r&#233;servent les rares corps &#233;trangers que nous croisons dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En remettant en question l'id&#233;al de la libre circulation des personnes dans un monde sans fronti&#232;res et en soulignant sa contrepartie n&#233;gative, celle de la contamination, la pand&#233;mie risque de remplacer l'espace public du rassemblement, devenu froid et inhospitalier, par un autre espace-refuge, moins concret, plus imagin&#233;, celui de l'appartenance, notamment nationale. Cette derni&#232;re peut induire de magnifiques effervescences collectives, tels les hymnes nationaux et les concerts sur les balcons au printemps dernier ; mais elle peut aussi renforcer les identifications nationales, sinon nationalistes, qui mettent &#224; mal la promesse politique des espaces publics urbains : celle de construire une soci&#233;t&#233; de semblables, un monde commun entre &#233;trangers &#8211; un monde commun permettant &#224; tout un chacun de se concevoir comme le membre d'une collectivit&#233; &#233;largie et indiff&#233;renci&#233;e, anim&#233;e par des liens de coordination, sinon de coop&#233;ration mutuels.&lt;span class='ressource'&gt;&lt; !&#8212;&gt;&lt;/span&gt;
&lt;img alt=&#034;The Conversation&#034; height='1' src=&#034;https://counter.theconversation.com/content/149663/count.gif?distributor=republish-lightbox-basic&#034; style='border: none !important; box-shadow: none !important; margin: 0 !important; max-height: 1px !important; max-width: 1px !important; min-height: 1px !important; min-width: 1px !important; opacity: 0 !important; outline: none !important; padding: 0 !important; text-shadow: none !important' width='1' /&gt;&lt;!&#8212; Fin du code. Si vous ne voyez aucun code ci-dessus, veuillez obtenir un nouveau code dans l'onglet &#171; Avanc&#233; &#187; apr&#232;s avoir cliqu&#233; sur le bouton &#171; Republier &#187;. Le compteur de pages ne collecte aucune donn&#233;e personnelle. Plus d'informations : &lt;a href=&#034;http://theconversation.com/republishing-guidelines&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://theconversation.com/republishing-guidelines&lt;/a&gt; &#8212;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/profiles/laurence-kaufmann-868049&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laurence Kaufmann&lt;/a&gt;, Professeur de sociologie, &lt;em&gt;&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/institutions/universite-de-lausanne-1587&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Universit&#233; de Lausanne&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est republi&#233; &#224; partir de &lt;a href=&#034;https://theconversation.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Conversation&lt;/a&gt; sous licence Creative Commons. Lire l'&lt;a href=&#034;https://theconversation.com/comment-la-pandemie-bouleverse-nos-interactions-sociales-149663&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article original&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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